Review Ludique : 002 – Une image vaut mille émois (Florence)

Bienvenue au Review Ludique numéro deux. Merci aux lecteurs du premier pour leurs retours, votre support est apprécié. Cette semaine, on continue dans la lignée du jeu mobile, d’autres seront au rendez-vous les prochaines semaines. Cette semaine ? Florence de Mountains et Annapurna Interactive. C’est parti !

Première de couverture

Directeur créatif de Mountains, Ken Wong n’est pas inconnu de l’industrie mobile. Deux ans avant la fondation de Mountains en 2016, il publiait Monument Valley, premier du nom, après 10 mois de développement. Le jeu est un succès incroyable pour un jeu mobile non-free-to-play : 26 millions de copies vendues en 2016. De nombreuses nominations et quelques prix pour ce puzzle game aux niveaux éblouissant.

Voulant impacter de manière aussi forte avec son premier jeu développé sous son studio Mountains, il passera avec ses collègues un « long voyage ». Après de nombreuses heures de brainstorm, l’équipe de Mountains vint à l’idée de parler d’une relation moderne entre deux personnes. Afin d’impacter au mieux le joueur, cette relation se devait d’être le premier amour du protagoniste. Bienvenue, installez-vous, profitez de la vue. Voici le premier amour de Florence.

Pas un mot

Également édité chez Annapurna Interactive (quelle année !), Florence m’a surpris. Pas un seul mot utilisé, ou le strict minimum, Florence préfère apprivoiser le joueur avec ses illustrations et animations délicates.

Cette modern love story met en scène le personnage éponyme pour une poignée d’actes, aussi beaux que précieux.
En effet, une fois emporté par le jeu, son joueur ne voit pas le temps passer. Pour une durée de jeu d’environ une heure, chaque chapitre se doit de marquer le joueur, le faisant vivre la romance entre Florence et Krish.
Malheureusement, les sentiments de découverte et de surprise se cachent dans le gameplay ou la direction artistique, plutôt que dans la narration. Ainsi, je me suis souvent retrouvé en pleine partie à parier sur la suite de l’histoire, prévoyant déjà correctement comment le jeu se finirait.

Pour autant, ce gameplay léger arrive à se diversifier. Tous ces petits puzzles, nécessitant rarement une réflexion poussée, présente la relation entre nos deux protagonistes sous un oeil de joueur.

Ma grande déception concernant Florence est le manque d’impact des décisions prises par le joueur. Qu’il s’agisse des rares dialogues ou de rangement que j’effectuais dans un des niveaux, c’est comme si ce que je faisais n’importait absolument pas. Pire encore, un faux raccord concernant ce rangement effectué casse la crédibilité du jeu. Alors qu’il arrive à saisir aux tripes la plupart du temps, Florence se permet des fautes facilement remarquées, brisant l’effet d’adaption de l’histoire au joueur.

Épilogue

Remportant le Game Award « Best Mobile Game » face à deux Battle Royales, Donut County ou encore Reigns: Game of Thrones, Florence a marqué les esprits. Le jeu a été intégralement pensé pour le modèle mobile, et c’est ressenti à travers l’expérience de jeu. Afin de mieux traduire la présence et l’impact du smartphone dans les relations amoureuses modernes, il fallait que le jeu soit lui-même sur smartphone. Et malgré l’absence de réel rebondissement, cette histoire en cinq actes résonne efficacement chez le joueur.

Dans Florence, ce n’est pas la narration qui supporte le gameplay mais bien l’inverse. Ces erreurs de gameplay dérangent certes mais avec malgré tout le Level Design, la Musique, et surtout la Direction Artistique éblouissante, la narration se porte bien. Retourner jouer quelques chapitres permet même de remarquer quelques détails de la scène nous ayant échappé à un premier abord. On notera quand même une durée de vie de l’histoire vraiment limitée, décevant quand même ceux qui se seraient embarqués pour une histoire à plusieurs tomes.

En somme, Florence est un moineau. Pas bien épais, pas le plus rapide, pas très combattant, mais incroyablement attendrissant. Ce jeu sait ce qu’il fait, et le fait bien : toucher le joueur droit au coeur. J’en suis tombé.

7.5/10
Credits Images : Mountains et Annapurna Interactive

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