Review Ludique : 001 – Dans un trou, paumés (Donut County)

Bienvenue à tous pour ce Review Ludique. Ponctuellement, je poste une critique d’un jeu et de son design, bon ou mauvais. Mon objectif pour ces articles ? La retranscription exacte des émotions d’un joueur, l’interprétation et la compréhension d’un concepteur. Pour cette première semaine, on s’attaque à Donut County.

Trou à l’origine de tout

2009. Peter Molydeux rejoint Twitter, compte parodiant Peter Molyneux, créateur de Theme Park et designer sur Dungeon Keeper ou la série Fable. Fidèle admirateur du travail de Molyneux, Capone imite ses idées de Design en publiant des tweets débutant par « Imagine a game where… ». S’en suit en 2012 une Game Jam lancée par Anna Kipnis, gameplay programmeuse, frustrée de la non-existence d’une Jam dédiée à l’alter-ego de Peter Molyneux. La MolyJam est ainsi née. Quel est le rapport avec Donut County ? Nous y arrivons.

Ben Esposito, participant à la MolyJam avait été séduit par l’idée d’un des tweets étant d’incarner un trou dans le sol. Ainsi naquit le premier prototype de ce que deviendra par la suite Donut County. Durant cinq ans, à côté de son propre travail sur d’autres productions comme What Remains of Edith Finch, Esposito continua à produire seul son premier jeu. Il s’occupa ainsi autant de la narration, des niveaux et de la direction artistique. Après une présentation à la Game Developers Conference 2015, puis l’E3 2018, le jeu est finalement sorti sur iOS, macOS, Windows et PlayStation 4 le 28 Août 2018.

Tourmentes au fond du trou

Vivant une vie pénarde, nos héros Mira et BK meilleurs amis humaine et raton laveur, vont avoir affaire à une soudaine agitation dans la ville de Donut County. BK, employé d’une firme d’aspiration de déchets par trous télécommandés, engloutit toute la ville. Nos héros et leurs amis se retrouvent alors tous bloqués 999 pieds sous terre. Ainsi commence un dialogue entre tous les personnages afin de retracer les événements de Donut County. À travers une série de flashbacks de chaque aspiration, le joueur se retrouve confronté aux puzzles associés.

Ces derniers se réalisent en étapes, chacune permettant au joueur d’élargir son trou télécommandé. Les premières phases ne nécessitent rien de plus que faire tomber chaque élément de la scène. À l’inverse, plus on s’approche de la fin du puzzle, plus on a de chances d’être confrontrés à l’exécution d’une interaction entre elements du niveau grâce au trou pour passer à la suite. Ces interactions  imposent une réflexion rendant chaque niveau unique.

Les séquences de dialogue et puzzles se suivent, reconstruisant l’ordre des événements et faisant progresser la narration. Est-ce que je me suis lassé de cette alternance ? Non, parce que l’humour des dialogues et la légère complexité des puzzles arrivent à se renouveler à travers le jeu.

Cet humour, présent durant les dialogues entre les personnages mais aussi par message entre BK et Mira sentent le moderne. Le joueur a affaire à un jeune adulte retranscrivant des conversations et blagues qu’il a vécues, plutôt que d’entendre la satire d’un quarantenaire essayant d’imiter « les jeunes ».

Soudainement, on arrive aux derniers puzzles du jeu, tous se déroulant dans le présent, hors du gouffre. S’enchaînent alors plein de puzzles à la suite, tous menant enfin au boss final. Ces puzzles sont de loin les mieux élaborés et les plus dynamiques, rythmés par l’OST du jeu faisant très bien son travail.

Dernière feature particulièrement plaisante : le Trashopédia. Si le simple fait d’aspirer des objets, personnages et éléments du décors était déjà suffisamment jouissante, cette encyclopédie en est la cerise sur le gâteau. Liste exhaustive de tous les éléments de jeu avalés, il décrit avec humour tout ce qui passe à travers notre trou. Évidemment, ce Trashopédia est relativement bien garni, mais la lecture intégrale de ce dernier est quand même un délice d’humour.

Un vrai trou de souris

Sur le papier, la limitation du core gameplay à une seule mécanique jouable sur plus de la moitié des niveaux pourrait sonner barbante. C’est totalement faux.

La force de Donut County est d’avoir tant à proposer à côté d’une KSP-blague proposée sur Twitter. La direction artistique est pétillante, même si cartoonesque. La lumière est minutieuse, mettant en valeur, peu fréquemment mais  à chaque fois efficacement, les acteurs présents sur scène. L’OST du jeu, composée de 39 titres (et 3 bonus) se marie très bien aux niveaux, volant quelque fois même la vedette au Level Design. D’ailleurs, ce dernier a été assez réfléchi mais se fait remarquer surtout aux derniers niveaux. À l’inverse, certains niveaux ne cassent pas trois pattes à un canard. En parlant d’animaux, mention honorable au niveau des lapins. Je n’en dirai rien de plus, foncez le jouer.

Pour conclure, malgré un temps de vie réduit par rapport à des AAA (plutôt compréhensible) ou d’autres Indies sortis sur les mêmes plateformes, et de la complexité mêlée à de l’originalité marquées que dans certains niveaux, Donut County propose énormément. Diriger le trou de BK est si entraînant qu’une fois le jeu fini, je me suis retrouvé poussé à vouloir revivre certains dialogues à mourir de rire, résoudre certains puzzles ingénieux. Autant pour féliciter un long, très long labeur, que pour contrer le Hole.io de Voodoo (éditeur voleur d’idées), Donut County est un must-try.

8/10.

Crédits Images: Ben Esposito & Annapurna Interactive

Une réponse sur « Review Ludique : 001 – Dans un trou, paumés (Donut County) »

  1. Ping: Review Hebdomadaire : 002 – Une image vaut mille émois (Florence) | Vincent 'Vici' Dupont

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s